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Emotions mode d'emploi

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Si tu me prends par les sentiments…

Une grande compagnie d’assurance vient de publier une étude. Ses résultats invitent à réfléchir sur notre rapport aux émotions et à leurs conséquences dans notre vie. L’étude en question a porté sur 5’554 personnes âgées de 18 à 80 ans. Il en ressort :

a. que 39 % de la population testée se dit épuisée, 38 % inquiète et 29 % se sent stressée;

b. une nette différence de vécu des émotions entre les hommes et les femmes et selon l’âge.


Parmi ces résultats, certaines manifestation considérées comme des émotions sont en réalité des sentiments. C’est-à-dire un ressenti diffus, par exemple de satisfaction ou de mal être. Le terme émotion me semble donc parfois mal choisi. Mais, sur les affiches ou publicités, ce mot suscite, chez le lecteur ou le futur client, une «émotion» dans laquelle il peut se reconnaître. Marketing oblige, il est bien plus porteur de parler d’émotions que de sentiments ou de sensations. Cette étude m’a interpelée. Elle m’a rappelé mon vécu avant de connaître la méditation et la pleine conscience. L’épuisement. Le stress. Le burnout. L’inquiétude de ne jamais être assez parfait ni dans ma vie sociale ni au travail. Et surtout mon manque flagrant d’outils pour réguler la vive agitation mentale et émotionnelle qui m’habite sans cesse.


Jeune, j’avais appris à ne pas vraiment tenir compte de mes émotions. Voire à les refouler d’un « ce n’est pas si grave… » A la place, je me concentrais sur mon comportement, être exemplaire et rester fidèle à nos valeurs humanistes familiales. Je remercie infiniment mes parents pour ces belles valeurs transmises. Mais je regrette tout de même qu’à l’époque, personne ne parlait de la façon de mieux traverser ses émotions. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir acquis plusieurs outils et techniques afin de les vivre pleinement et de mieux savoir les réguler.


Quelques éléments à connaître sur les émotions

Les éléments qui suivent aident à mieux cerner et comprendre ce vaste sujet.Une émotion est une réaction rapide de notre organisme à un évènement externe ou interne, un déclencheur.


Par-delà la définition, voici d’autres aspects à considérer en la matière :

1. L’émotion est une conséquence. Elle succède à la perception d’une agression physique et/ou mentale, agréable ou désagréable.

2. L’émotion se traduit par un phénomène physiologique. Gorge nouée, papillons dans le ventre, cœur serré, larmes, sueur, cris…

3. L’émotion nous transmet un message de sécurité. Celui-ci nous renseigne sur des besoins à combler. A nous de comprendre ce que notre émotion a à nous dire.

4. Les émotions visent à assurer notre survie. Une absence d’émotions nous rendrait vulnérable aux dangers. Les émotions sont des «sentinelles de vie», tant dans les bons moments que dans les épreuves.

5. Les émotions font partie de notre humanité partagée. Tous, nous vivons des moments difficiles ou réjouissants assortis d’émotions. Nous ne sommes donc pas seul.


Méditation + pleine conscience = régulation efficace de nos émotions

Aujourd’hui, je suis formateur d’adultes en entreprises et instructeur de méditation pleine conscience. Ces connaissances me font de plus en plus développer une relation d’«amitié» et de bienveillance avec mes émotions. Aussi bien à l’égard de celles qui m’enflamment ou me laissent froid, que celles qui me plombent le moral ou me fâchent.


En bref, j’ai changé à 100% ma manière d’interagir en la matière. Avant, je les cachais sous le tapis, ou je me résignais à les subir. Depuis plusieurs années, j’apprends à observer ce qui se passe en moi, afin de les accueillir et leur ouvrir la porte. Cela m’aide à les vivre en conscience et à les «traverser» de manière plus sereine, surtout lorsqu’il s’agit d’émotions difficiles.Résultat: je me sens nettement plus ancré et conscient; bien plus à même de faire face aux épreuves de la vie avec courage et confiance.


La méditation dite de pleine conscience n’est pas un outil miracle, loin de là. Mais elle offre de nombreux bienfaits. L’un d’eux – et non des moindres –, est de révéler, petit à petit, une meilleure version de moi-même, entre autres, grâce à l’observation et à la régulation de mes sensations et de mes émotions.



Cas concret et mise en pratique

Avez-vous déjà eu affaire à des participants énervants ? J’imagine, car cela fait partie de nos expériences partagées. Comment avez-vous réagi au bouillonnement émotionnel que cela a déclenché en vous ? Avez-vous réussi à vous réguler sur le plan émotionnel ? Ou, au contraire, avez-vous dû subir de pénibles tourments ?

Plutôt que de longs discours, voici un outil concret de 3 minutes. Le code QR ci-dessous vous permettra d’en profiter au mieux au moyen d’une video.



En cas d’énervement ou de bouillonnement émotionnel, essayez ceci:


1. Prise de conscience : sortez du mode automatique habituel. Remarquez qu’il se passe quelque chose en vous. Un STOP en conscience.

2. Observation : focalisez-vous sur vos ressentis et perceptions corporelles.

3. Indication : tentez au mieux de nommer l’émotion ou la sensation la plus présente. Cela fait, enveloppez-la de douceur par des pensées réconfortantes pour en prendre soin.

4. Respiration : accordez de la place à cette émotion et permettez-lui d’être là en respirant en conscience, comme si vous respiriez avec cette émotion, en lui accordant davantage de place dans le corps.


Souvenons-nous : toute émotion a deux vertus: assurer notre survie et nous délivrer un message. Autant de bonnes raisons de lui accorder de l’attention, de la laisser s’exprimer, adopter des outils de régulation, et la laisser exister en nous. Car, finalement une vie sans émotions et une vie perdue (Roger Fournier), alors vive la vie et vive les émotions!


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